La largeur d'un écran ultra wide se mesure en fenêtres ouvertes

La largeur d'un écran ultra wide se mesure en fenêtres ouvertes

 

Un écran ultra wide de 34 pouces affiche 3440 pixels de large. Un 27 pouces QHD en affiche 2560. La hauteur, elle, ne bouge pas : 1440 lignes de part et d'autre, soit environ 33 centimètres d'image dans les deux cas. Toute la différence est horizontale : 79,7 centimètres de large contre 59,8. Vingt centimètres de bureau en plus, sur la même ligne de regard.

Ce format porte le nom commercial de 21:9. Il sert les postes qui travaillent en largeur : deux fenêtres ouvertes de front sans les superposer, une ligne de montage, un tableur qui déborde, une fenêtre de code à côté de son résultat. Il n'apporte rien en hauteur : un document long, une page web, une feuille de calcul verticale se lisent sur le même nombre de lignes qu'avant.

Reste à savoir quelle diagonale tient sur un bureau, ce que la courbure change à la lecture, et quels réglages restent à faire une fois l'écran branché.

 

Un 34 pouces ultra wide a la hauteur d'un 27 pouces

Le rapport d'image compare la largeur à la hauteur. En 16:9, l'image fait seize unités de large pour neuf de haut. En 21:9, elle en fait vingt et une, ce qui l'étire sans la monter. Le détail du rapport et de ses variantes est traité dans la page consacrée au format 21:9.

La comparaison la plus parlante se fait à surface d'image utile. Un 34 pouces en 3440x1440 mesure 79,7 centimètres de large et 33,3 de haut. Un 27 pouces QHD, en 2560 x 1440, mesure 59,8 de large et 33,6 de haut. Les deux dalles affichent la même hauteur, à trois millimètres près, et le format large ajoute 880 pixels sur les côtés. En surface d'affichage, cela fait 4 953 600 pixels contre 3 686 400, soit 34 pour cent de plus.

À diagonale égale, en revanche, l'ultra wide ne gagne pas grand-chose. Un 34 pouces en 16:9 mesurerait 75,3 centimètres de large et 42,3 de haut. Le 34 pouces en 21:9 gagne 4,4 centimètres de largeur et en perd 9 en hauteur. La diagonale annoncée sur la fiche ne dit donc rien du bureau réellement gagné : c'est la largeur en centimètres qu'il faut lire.

 

Deux fenêtres de front, et ce que la hauteur ne donne pas

Sur une dalle de 3440 pixels, deux fenêtres partagées à égalité reçoivent 1720 pixels chacune. Sur un 27 pouces QHD, les mêmes deux fenêtres reçoivent 1280 pixels. L'écart, 440 pixels par fenêtre, correspond à peu près à la largeur d'un volet d'outils ou d'un panneau de navigation qui n'oblige plus à masquer le contenu principal.

En trois colonnes, la dalle de 3440 pixels laisse 1146 pixels à chacune, ce qui reste étroit pour un traitement de texte mais suffit à une messagerie ou à un terminal. Il faut passer à une définition de 5120 pixels de large, celle des 39,7 pouces, pour que trois fenêtres reçoivent 1706 pixels chacune, c'est-à-dire chacune plus large que la moitié d'un 27 pouces QHD.

La contrepartie est la hauteur. Elle reste à 1440 lignes sur un 34 pouces comme sur un 37,5 pouces, et un 39,7 pouces en 5120 x 2160 ne monte qu'à 2160 lignes. Un poste qui passe ses journées sur des documents verticaux, des pages longues ou du texte de mise en page profite davantage d'une dalle 16:9 haute que d'une dalle très large.

 

Les diagonales du format, et la place qu'elles prennent

Trois diagonales couvrent l'essentiel du format large sur un poste de bureau, et chacune se traduit en encombrement mesurable. Un 34 pouces occupe 79,7 centimètres de largeur d'image, un 37,5 pouces 87,9 centimètres, un 39,7 pouces 92,9 centimètres. À ces valeurs s'ajoutent la bordure de la dalle et l'empreinte du pied, qui décident du bureau nécessaire bien plus que la diagonale elle-même. En profondeur, en revanche, un format large ne demande rien de plus qu'une dalle classique : c'est le pied qui fixe la place perdue derrière l'écran.

L'écran incurvé 34 pouces en UWQHD représente le point d'entrée du format : dalle IPS, 3440x1440, connexion USB-C avec recharge 65 W, ce qui laisse un seul câble entre un ordinateur portable et l'écran. Au-dessus, le 37,5 pouces monte à 3840 x 1600 en UWQHD+ et le 39,7 pouces à 5120 x 2160 en WUHD. Ce que ces sigles recouvrent exactement, et la taille à partir de laquelle chaque définition reste nette, sont détaillés dans la page sur les définitions du format large.

 

La courbure se lit en millimètres de rayon

Une dalle incurvée est un morceau de cylindre. Le nombre suivi d'un R indique le rayon de ce cylindre en millimètres : une courbure 3800R correspond à un arc pris sur un cercle de 3800 millimètres de rayon, soit 3,8 mètres. Plus le nombre est petit, plus la dalle est refermée sur celui qui la regarde.

Sur une dalle plate de 79,7 centimètres de large regardée à 70 centimètres, le bord se trouve à environ 80 centimètres de l'œil, contre 70 au centre : dix centimètres d'écart entre le milieu de l'image et son extrémité. La courbure réduit cet écart en ramenant les bords vers l'avant. C'est la raison d'être de la courbure sur un format large, et c'est aussi pourquoi elle a peu d'intérêt sur une dalle étroite.

Une courbure douce comme le 3800R se remarque à peine de face et ne déforme pas les lignes droites d'une interface. Une courbure très marquée referme davantage le champ, ce qui convient à un poste unique mais complique la lecture à plusieurs devant le même écran.

 

Brancher et régler, ce qui reste à faire

Un écran large n'affiche sa définition native que si la sortie vidéo et le câble la portent. La fiche technique indique quelle prise accepte quelle définition : sur le 37,5 pouces de la gamme, la prise DisplayPort est en version 1.4 et la prise HDMI en 2.0. Si l'ordinateur propose une définition inférieure à celle de l'écran, la limite vient presque toujours de la sortie vidéo utilisée ou du câble, pas de la dalle.

Le réglage à vérifier ensuite tient en une ligne dans les paramètres d'affichage du système : la définition sélectionnée doit être la définition native de l'écran, celle qui figure sur sa fiche. Une définition inférieure étire l'image et rend le texte flou, ce qui se voit d'autant plus sur une dalle large.

Deux fonctions du menu de l'écran servent ensuite au quotidien. Le mode PBP affiche deux sources vidéo côte à côte, chacune sur une moitié de dalle, ce qui permet de garder un ordinateur de bureau et un portable sur le même écran. Le mode PIP incruste la seconde source dans une fenêtre plus petite. Sur les modèles équipés d'un commutateur KVM, un seul clavier et une seule souris pilotent les deux machines, et le passage de l'une à l'autre se fait depuis le menu de l'écran.

 

Découper la largeur en zones d'affichage

Une fenêtre agrandie au maximum sur une dalle de 79,7 centimètres devient difficile à lire : chaque ligne de texte oblige l'œil à balayer toute la largeur, et le curseur se perd entre le début et la fin. Le format large se travaille en zones, pas en fenêtres plein écran.

Windows découpe la dalle sans logiciel supplémentaire. La touche Windows associée à la flèche gauche ou droite envoie la fenêtre active sur une moitié d'écran. Le survol du bouton d'agrandissement propose des dispositions en deux, trois ou quatre zones, dans lesquelles chaque fenêtre vient se caler. Sur macOS, le menu qui apparaît au survol du bouton vert range la fenêtre à gauche ou à droite de l'écran, et la seconde fenêtre occupe la moitié restante.

Ce découpage se fait à l'intérieur d'une seule machine. Le mode PBP décrit plus haut répond à un autre besoin : afficher deux ordinateurs différents sur la même dalle, chacun avec son propre système.