Le 21:9 met une fenêtre de plus sur la même hauteur d'image

écran 21:9 incurvé WQHD QHD

 

Un rapport d'image compare la largeur d'une dalle à sa hauteur. Le 16:9 des écrans courants donne seize unités de large pour neuf de haut. Le 21:9 en donne vingt et une, c'est-à-dire une image plus longue, jamais plus haute. Sur une dalle de 3440 x 1440 pixels, la hauteur reste celle d'un 27 pouces QHD, et les 880 pixels gagnés se trouvent tous sur les côtés.

Ce déplacement décide de ce que le format sert. Il convient aux postes qui alignent des fenêtres côte à côte, à une ligne de temps de montage, à un tableur large. Il ne répond pas aux usages qui réclament de la hauteur, et il impose des bandes noires sur les contenus vidéo tournés en 16:9.

 

21:9 est un arrondi, le rapport exact est 2,39

Le nom commercial ne correspond pas au calcul. En divisant 3440 par 1440, on obtient 2,39, alors qu'un vrai 21:9 donnerait 2,33. Le rapport exact de cette dalle est de 43 sur 18, que personne n'écrit sur une fiche technique.

Plus surprenant, les trois définitions vendues sous ce même nom ne partagent pas exactement la même forme : 3440 x 1440 donne 2,39, 3840 x 1600 donne 2,40, et 5120 x 2160 donne 2,37. Les écarts sont invisibles à l'œil, mais ils expliquent que les bandes noires n'aient pas tout à fait la même épaisseur d'une dalle à l'autre. Le détail des définitions et de leur densité est traité dans la page consacrée aux définitions du format large.

Au-delà du 21:9 existe le 32:9, deux fois plus large que haut, qui revient à coller deux dalles 16:9 sans bordure au milieu. C'est un autre format, avec ses propres contraintes de bureau et de recul, pas une variante du 21:9.

Dans l'autre sens, deux rapports plus hauts que le 16:9 circulent sur les postes de bureau : le 16:10 et le 3:2. Rapportés au même calcul, ils donnent 1,60 et 1,50, contre 1,78 pour le 16:9 et 2,39 pour la dalle large. Une dalle 16:10 en 2560 x 1600 affiche ainsi 160 lignes de plus qu'un 2560 x 1440. Le choix d'un rapport revient donc à décider si le travail se déroule en hauteur, en largeur, ou entre les deux.

Le rapport lui-même figure rarement sur une fiche technique. Il se déduit de la définition annoncée : 3440 x 1440, 3840 x 1600 et 5120 x 2160 désignent toutes des dalles larges, quand 1920 x 1080, 2560 x 1440 et 3840 x 2160 désignent des 16:9. Les mots employés dans les intitulés, panoramique ou ultra wide, disent la même chose sans donner le chiffre. En cas de doute, diviser la largeur par la hauteur suffit : au-delà de 2, la dalle est large.

 

À diagonale égale, un 21:9 est plus large et plus bas

La diagonale, seul chiffre mis en avant sur les fiches, ne dit rien de la forme obtenue. Un 34 pouces en 21:9 mesure 79,7 centimètres de large et 33,3 de haut. Un 34 pouces en 16:9, s'il existait au catalogue des fabricants, mesurerait 75,3 de large et 42,3 de haut. En passant au format large, la même diagonale gagne 4,4 centimètres de largeur et en perd 9 en hauteur.

La comparaison utile se fait donc à hauteur d'image, pas à diagonale. Un 34 pouces en 21:9 se compare à un 27 pouces 16:9 : même hauteur d'image à trois millimètres près, et vingt centimètres de largeur en plus. C'est cette lecture qui permet de savoir ce que le poste gagne réellement, comme l'explique la page générale sur l'écran ultra wide.

 

Les contenus filmés en 16:9 laissent des bandes noires

Une vidéo tournée en 16:9 affichée sur une dalle 3440 x 1440 occupe toute la hauteur et 2560 pixels de large. Restent 880 pixels inutilisés, répartis en deux bandes noires de 440 pixels de chaque côté, soit un quart de la largeur de l'écran. La plupart des contenus de plateformes vidéo, des visioconférences et des rediffusions sont dans ce cas.

Les lecteurs vidéo proposent souvent une option de remplissage, parfois appelée zoom ou adaptation à l'écran, qui agrandit l'image jusqu'à occuper toute la largeur. Elle supprime les bandes, mais au prix d'un recadrage : le haut et le bas de l'image sortent du cadre. Sur une visioconférence, cela revient à couper le front et le menton des participants.

L'inverse est vrai pour le cinéma. Le format de projection large le plus répandu est en 2,39 pour 1, exactement le rapport d'une dalle 3440 x 1440. Un film tourné dans ce format remplit la dalle d'un bord à l'autre, là où un écran 16:9 lui impose deux bandes horizontales.

Le choix se fait donc selon ce que l'écran affiche le plus souvent. Un poste de travail qui regarde des visioconférences en 16:9 toute la journée perd un quart de sa largeur pendant ces heures-là ; celui qui monte ou regarde des films au format large les affiche en entier.

 

Une visioconférence garde sa forme, le reste de la largeur sert

Les applications ne s'étirent pas toutes au rapport de la dalle. Une fenêtre de visioconférence garde l'image de la caméra en 16:9 quelle que soit la largeur disponible, et un lecteur vidéo fait de même. Sur un écran 16:9, cette fenêtre agrandie couvre tout ; sur une dalle large, elle occupe sa forme naturelle et laisse de la place autour.

Cette place est utilisable pendant la réunion : les notes, le document commenté ou la messagerie tiennent à côté de l'image, sans passer d'une fenêtre à l'autre. C'est le cas d'usage où le format large se voit le plus vite, avant même le montage ou le tableur.

La même mécanique joue en défaveur du format sur les applications anciennes conçues pour une largeur fixe : elles se centrent et laissent deux marges vides, sans que rien ne permette de les étirer.

 

Un écran 21:9 ou deux écrans côte à côte

La comparaison avec un double écran revient à chaque installation de poste. Deux écrans de 27 pouces QHD posés côte à côte donnent 5120 pixels de large et 119,6 centimètres d'occupation, contre 3440 pixels et 79,7 centimètres pour un 34 pouces en 21:9. En nombre de pixels, la paire l'emporte nettement.

Ce que le format large apporte se situe ailleurs. La surface est continue : aucune bordure ne coupe l'image en son milieu, ce qui autorise une fenêtre à cheval sur toute la largeur, impossible sur deux dalles. Le poste ne demande qu'une seule sortie vidéo sur la machine, un seul câble, une seule alimentation et un seul jeu de réglages de couleur et de luminosité. Le 34 pouces incurvé en UWQHD ajoute la connexion USB-C avec recharge 65 W, ce qui ramène l'ensemble à un unique câble entre un ordinateur portable et l'écran.

À l'inverse, deux dalles restent préférables quand les deux affichages doivent être physiquement séparés, orientés différemment, ou quand l'une des deux doit basculer en position verticale pour lire des documents en hauteur.

 

Là où le format large dessert

Trois situations tournent au désavantage du 21:9, et elles se repèrent avant l'achat.

Les documents verticaux d'abord. Une page de traitement de texte, un long article, un code source défilent en hauteur : sur une dalle de 1440 lignes, le format large n'en montre pas une de plus qu'un 27 pouces QHD, tout en occupant vingt centimètres de bureau supplémentaires.

La lecture à plusieurs ensuite. Sur une dalle large, et davantage encore si elle est incurvée, les personnes assises sur les côtés regardent l'image sous un angle prononcé. Une dalle IPS conserve des couleurs justes dans ces conditions, mais la largeur reste un format pensé pour un poste occupé par une seule personne.

Le bureau enfin. Quatre-vingts centimètres de dalle demandent un plan de travail dégagé et un recul suffisant pour embrasser toute la largeur sans tourner la tête. Sur un bureau étroit ou placé dans un angle, le format perd l'essentiel de ce qu'il apporte.